Baromètre énergie 2026 : 55 % des moins de 35 ans ont du mal à payer leurs factures

En bref : selon le baromètre énergie-info 2026 du Médiateur national de l’énergie, 55 % des moins de 35 ans ont eu du mal à payer leurs factures d’énergie, contre 34 % de l’ensemble des foyers.
Ils sont aussi 53 % à avoir eu froid chez eux l’hiver dernier et 70 % à avoir souffert de la chaleur cet été.
La moitié d’entre eux a déjà signé un contrat après un démarchage : comparer les offres avant de signer reste le premier réflexe.
Changer de fournisseur est gratuit, sans coupure et sans changement de compteur.
Cette 20e édition repose sur une enquête réalisée par l'institut Mantu pour le Médiateur, du 2 au 15 septembre 2026, auprès de 2 000 foyers. Elle montre que le poids de l'énergie dans le budget n'a jamais été aussi élevé et que la chaleur d'été devient un nouveau sujet de mal-logement. Pour un étudiant ou un jeune actif, locataire d'un petit logement, ces constats sont très concrets.
Nous détaillons ici les chiffres clés, la situation des jeunes, l'impact du logement, les aides disponibles, les pièges du démarchage, les heures creuses et cinq réflexes pour réduire la facture. Une FAQ termine l'article.
Baromètre énergie 2026 : les chiffres clés à retenir
La situation ne s’améliore pas : les difficultés de paiement reculent à peine, le froid reste à un niveau deux fois plus élevé qu’en 2020, et la chaleur atteint un record.
Méthodologie : enquête Mantu pour le Médiateur national de l'énergie, 2 au 15 septembre 2026, 2 000 foyers. L'étude est consultable sur le site energie-info.fr, qui est le site d'information du Médiateur.
Les jeunes, premières victimes de la précarité énergétique
Les moins de 35 ans sont la tranche d'âge la plus touchée : 55 % ont eu du mal à payer leurs factures d'énergie, contre 34 % pour l'ensemble des foyers.
- 22 % d'entre eux rencontrent ces difficultés systématiquement, contre 10 % pour l'ensemble.
- 53 % ont eu froid chez eux, contre 35 %.
- 78 % ont restreint leur chauffage, contre 72 %.
- 66 % ont constaté une hausse de leur facture d'électricité.
Plusieurs facteurs se cumulent. Les jeunes sont souvent locataires, et 44 % des locataires ont eu froid chez eux. Ils occupent des petites surfaces parfois mal isolées, souvent chauffées à l'électricité, avec un budget serré.
Enfin, le premier contrat est fréquemment signé sans comparer, par manque de temps ou de repères.
Le baromètre parle de « moins de 35 ans » et non d'étudiants : ces chiffres décrivent donc les jeunes en général.
Les étudiants en font partie, avec des contraintes propres, comme des revenus limités et des logements de petite taille.
Froid l'hiver, canicule l'été : le logement mis à l'épreuve
En 2026, le logement est mis à l'épreuve en toute saison : 35 % des foyers ont eu froid l'hiver dernier, un niveau stable, et 65 % ont souffert de la chaleur cet été, un niveau inédit.
Le froid : une affaire d'argent et d'isolation
Les foyers qui ont eu froid citent trois causes principales : la limitation du chauffage pour des raisons financières (38 %), la mauvaise isolation (35 %, contre 32 % en 2025) et un hiver rigoureux (28 %). Dans un studio mal isolé, baisser le chauffage pour limiter la facture a donc un prix en confort et en santé.
La chaleur : le chiffre qui progresse le plus
La part des foyers ayant souffert de la chaleur passe de 49 % en 2025 à 65 % en 2026. Elle atteint 70 % chez les moins de 35 ans, soit 22 points de plus en un an, 71 % chez les locataires et 73 % chez les Franciliens. Par ailleurs, 28 % des foyers ont souffert à la fois du froid et de la chaleur, soit 5 points de plus.
Pour un étudiant, cela évoque les chambres sous les toits ou les studios mal isolés, avec des nuits écourtées et des révisions plus difficiles en période de fortes chaleurs.
Quelles aides pour les étudiants et jeunes actifs ?
Les étudiants peuvent mobiliser plusieurs aides : le chèque énergie sous conditions de ressources, les aides au logement (APL), le Fonds de solidarité pour le logement (FSL), les aides du CROUS et, en cas de litige avec un fournisseur, le Médiateur national de l'énergie.
Le chèque énergie
Le chèque énergie est attribué en fonction des ressources et de la composition du foyer fiscal. Un étudiant rattaché au foyer fiscal de ses parents est pris en compte avec ce foyer ; un étudiant qui déclare ses revenus seul est examiné sur sa propre situation.
Les montants et les plafonds sont fixés chaque année par les pouvoirs publics, et le site officiel cheque-energie.gouv.fr indique la situation à jour. Le détail des démarches figure dans notre article sur le chèque énergie et ses conditions d'obtention.
Le baromètre 2026 pointe un point de vigilance : 29 % des bénéficiaires disent avoir eu des difficultés pour le recevoir.
Les bénéficiaires restent très exposés, car 52 % ont eu froid et 75 % ont eu trop chaud. Le chèque est utile, mais il ne règle pas à lui seul la question du logement.
APL, FSL et CROUS
Les APL réduisent le loyer et libèrent du budget pour les charges. Le FSL, géré au niveau du département, peut aider à payer des factures d'énergie impayées.
Le CROUS propose pour sa part des aides, y compris en cas de difficulté ponctuelle ; adressez-vous au service social de votre CROUS ou de votre établissement.
Le Médiateur national de l'énergie
Si un litige avec votre fournisseur persiste après une réclamation écrite restée sans réponse satisfaisante, vous pouvez saisir le Médiateur national de l'énergie, gratuitement. C'est lui qui publie le baromètre, et son site energie-info.fr regroupe des informations pratiques pour les consommateurs.
Démarchage, idées reçues : comment bien choisir son contrat
Pour bien choisir son contrat d'électricité, il faut comparer les offres avant de signer, car les jeunes sont plus exposés au démarchage : 50 % des moins de 35 ans ont déjà souscrit un contrat d'énergie après une sollicitation commerciale, contre 36 % pour l'ensemble des foyers.
Les jeunes sont aussi curieux : 59 % des moins de 35 ans se sont renseignés sur le changement de fournisseur (42 % pour l'ensemble), et 35 % pensent qu'ils feraient des économies en quittant le tarif réglementé.
Ne signez jamais au téléphone ou sur le pas de la porte sans avoir pris le temps de regarder l'offre.
Trois idées reçues à écarter
Ces chiffres viennent du baromètre 2025, car la synthèse 2026 ne les reprend pas. Cette année-là, 20 % des personnes interrogées pensaient devoir changer de compteur pour changer de fournisseur, 25 % craignaient une coupure et un quart croyait à des frais. Ces trois craintes sont infondées : changer de fournisseur est gratuit, sans coupure et sans changement de compteur. Notre guide pour changer de fournisseur d'électricité en toute simplicité détaille les étapes.
Les comparateurs : utiles, mais à choisir avec soin
Parmi les foyers ayant changé de fournisseur, 55 % ont utilisé un comparateur. La fiabilité devient un critère de choix pour 26 % des personnes interrogées, soit 3 points de plus. En parallèle, 48 % pensent que les comparateurs sont rémunérés et 34 % ne savent pas. La transparence compte donc : vérifiez toujours comment un comparateur se finance et quelles offres il présente.
Studywatt est un service d'accompagnement qui aide les étudiants à ouvrir leur contrat d'électricité à l'emménagement, en partenariat avec des écoles. Pour passer en revue les offres adaptées à un étudiant, consultez notre page pour comparer les offres d'électricité pour étudiants.
Heures creuses : ce qui change, et le piège pour les jeunes
L'option heures creuses est utile seulement si l'on connaît ses horaires et si l'on décale sa consommation : 52 % des foyers l'ont, mais 21 % des moins de 35 ans concernés ne savent pas à quelles heures elle s'applique, contre 9 % des 65 ans et plus.
Une réforme des plages horaires
Selon le baromètre des flexibilités 2026 d'Enedis et de RTE, les nouvelles plages d'heures creuses arrivent pour la majorité des particuliers entre décembre 2026 et novembre 2027, avec des heures creuses l'après-midi d'avril à octobre. Votre calendrier dépend de votre commune : consultez le site d'Enedis ou votre espace client pour connaître votre date et vos horaires.
Quand l'option est-elle rentable dans un studio ?
Elle l'est si vous avez un ballon d'eau chaude, un chauffage électrique ou des appareils programmables (lave-linge, lave-vaisselle) que vous pouvez lancer en heures creuses. Elle l'est beaucoup moins si vous êtes absent la journée, sans ballon d'eau chaude, et que l'essentiel de votre consommation se concentre le soir. Dans ce cas, l'abonnement légèrement plus cher peut ne pas être compensé. Pour trancher, lisez notre article pour choisir entre Base et Heures Creuses.
Tarification dynamique : une offre à manier avec prudence
57 % des moins de 35 ans se disent prêts à souscrire une offre à tarification dynamique (41 % pour l'ensemble des foyers). Avec ce type d'offre, le prix du kilowattheure varie selon l'heure, parfois d'heure en heure, en suivant les prix de marché. Elle peut convenir à qui sait décaler ses usages, mais elle expose aussi à des pics de prix. Lisez attentivement les conditions avant de vous engager.
5 réflexes pour payer moins quand on est étudiant
Pour payer moins d'électricité, un étudiant peut combiner trois éco-gestes simples et deux réglages de contrat : la puissance souscrite et la comparaison des offres.
Les foyers adoptent en moyenne 5,6 éco-gestes, un chiffre stable. Chez les moins de 35 ans, 44 % citent l'écologie comme motivation, contre 35 % pour l'ensemble.
- Régler le chauffage avec méthode. L'ADEME recommande 19 °C dans les pièces de vie. Baissez-le la nuit et quand vous êtes absent, sans laisser le logement se refroidir complètement.
- Éteindre complètement les appareils. Une multiprise avec interrupteur évite la consommation des veilles (box, écrans, chargeurs).
- Lancer les machines au bon moment. Utilisez les cycles courts et les basses températures, et programmez-les en heures creuses si vous avez cette option.
- Adapter la puissance souscrite. Pour un studio, 3 ou 6 kVA suffisent souvent. En général, 3 kVA convient sans chauffage électrique, alors qu'avec chauffage et plaques électriques, 6 kVA peut être nécessaire. Une puissance trop élevée augmente l'abonnement, une puissance trop faible fait disjoncter.
- Comparer les offres. Comparez prix du kWh, abonnement et conditions avant de signer, puis revérifiez à chaque changement de logement.
FAQ : Baromètre énergie 2026 et l'électricité des étudiants




