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Précarité énergétique étudiante 2026 : chiffres, causes et aides

Clara
Clara
05/06/2025

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🕦 L'essentiel en 30 secondes :
En 2026, près d'un jeune sur deux (43 % des 18-34 ans) déclare souffrir du froid chez lui, et la moitié des logements étudiants sont de vraies passoires thermiques. La situation s'aggrave sur deux fronts : les coupes d'APL qui vont toucher 100 000 étudiants étrangers, et des étés de plus en plus caniculaires dans des studios non préparés à la chaleur. Des aides existent (chèque énergie, FSL, aides CROUS) mais restent méconnues — et un geste simple, comparer son offre d'énergie, permet souvent de réduire sa facture immédiatement, sans attendre une aide de l'État.

Qu'est-ce que la précarité énergétique ? 

L'INSEE la définit comme :

"Une difficulté à disposer de la fourniture d'énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires, en raison de l'inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d'habitat"

Concrètement, un ménage en précarité énergétique doit arbitrer en permanence : se chauffer (ou se rafraîchir) et risquer l'endettement, ou couper le chauffage/la clim et subir les conséquences sur sa santé.

Depuis 2023, la directive européenne sur l'efficacité énergétique a élargi cette définition pour intégrer explicitement le rafraîchissement aux côtés du chauffage — un signe que le sujet ne se limite plus à l'hiver (Directive UE 2023/1791, art. 2.52).

La précarité énergétique étudiante en chiffres (2025-2026)

Le froid, toujours en hausse

  • En 2021, 11 % des étudiants étaient déjà en situation de précarité énergétique, contre un seuil de référence de 8 % (INSEE/ONPE).
  • En 2024, chez les 18-34 ans : 43 % déclarent souffrir du froid en hiver (contre 26 % en 2021) ; 45 % éteignent leur chauffage pour limiter leurs factures ; 53 % ont des difficultés à payer leurs factures d'électricité (contre 17 % en 2021).
  • Environ 1 étudiant sur 2 vit dans un logement au DPE dégradé (F ou G), une vraie passoire thermique.

La chaleur, l'angle qu'on oublie trop souvent

Ce que la plupart des articles sur le sujet ne disent pas : la précarité énergétique d'été frappe très fort les logements étudiants, pour une raison simple — ils cumulent tous les facteurs de risque.

  • 48 % des logements en France ont un confort d'été jugé "insuffisant" au DPE ; seuls 11 % sont jugés "bons" (Ignes & Pouget consultants, 2026).
  • Les habitants d'appartements ont 3 fois plus de risque de souffrir de la chaleur que ceux vivant en maison — et 95 % des étudiants sont locataires d'un appartement, souvent un studio (Enquête Nationale Logement, exploitée par la Fondation pour le Logement).
  • Les petits logements et les logements aux derniers étages — le profil type d'une chambre CROUS ou d'un studio étudiant — sont "plus fortement touchés", même après rénovation (RIVP, cité dans le rapport 2026 de la Fondation pour le Logement).
  • 66 % des Français déclarent avoir déjà eu du mal à supporter la chaleur dans leur logement actuel ; ce taux grimpe à 60 % pour les appartements, contre 42 % pour les maisons (Baromètre Qualitel, 2025).

Autrement dit : un logement étudiant mal isolé n'est pas seulement froid l'hiver, c'est aussi une "bouilloire thermique" l'été  avec, à la clé, les mêmes conséquences sur le sommeil, la santé et le budget (ventilateur, climatiseur mobile acheté dans l'urgence, qui alourdit encore la facture).

Étudiants étrangers : la précarité la plus sévère, et une menace en 2026

  • 41 % des étudiants étrangers déclarent des difficultés à faire face à leurs besoins essentiels (loyer, énergie, alimentation), contre 15 % des étudiants français (OVE, 2023).
  • 62 % des étudiants étrangers ont eu recours à l'aide alimentaire ou en auraient eu besoin, contre 22 % des étudiants français.
  • 1 étudiant étranger sur 6 déclare sauter régulièrement des repas pour raisons financières.
  • Le projet de loi de finances 2026 prévoit la suppression des APL pour les étudiants étrangers extra-communautaires non boursiers — soit environ 100 000 des 115 000 étudiants extra-européens actuellement allocataires. Perte estimée : 165 € par mois en moyenne (Fondation pour le Logement, rapport 2026 ; Sénat, PLF 2026).

Une perte d'APL de cette ampleur, cumulée à des factures d'énergie déjà difficiles à payer, va mécaniquement pousser une partie de ces étudiants vers l'impayé, voire l'abandon d'études.

Le vrai problème de fond : il n'y a pas assez de logements étudiants

  • La France compte environ 3 millions d'étudiants, dont deux tiers ne vivent plus chez leurs parents.
  • Le CROUS ne gère que 175 400 logements pour 708 000 étudiants boursiers prioritaires (2024/2025) (CROUS ; Cour des comptes, "Le soutien public au logement des étudiants", juillet 2025).
  • Le plan de construction de 60 000 logements étudiants (2017-2022) n'a été réalisé qu'à 50 %. Un nouveau plan vise 35 000 logements d'ici 2027.
  • Faute de place en résidence, la colocation devient la solution par défaut : loyer moyen d'une chambre, 508 € (jusqu'à 747 € à Paris) (LocService, 2025). Or ce sont souvent des logements anciens, non rénovés, où personne n'a la main sur l'isolation.

Résultat : les étudiants sont structurellement logés dans le parc le moins bien isolé, sans les moyens financiers ni le statut (locataires, souvent en coloc ou en résidence) pour engager eux-mêmes des travaux.

Les causes

  1. Des logements mal isolés. Beaucoup de logements étudiants — parc privé ancien, résidences vétustes — sont de véritables passoires thermiques, classées F ou G au DPE, sans rénovation prévue à court terme.
  2. Des ressources limitées. Bourses, petits boulots, CDD : le budget étudiant laisse peu de marge face à des factures d'énergie en hausse.
  3. Un statut qui limite l'action. Locataire, souvent en coloc ou en résidence, l'étudiant n'a généralement pas la main sur l'isolation ou le système de chauffage de son logement — contrairement à un propriétaire.

Les conséquences

  • Sur la santé : froid, humidité, moisissures favorisent troubles respiratoires (asthme, bronchites), maux de tête, troubles du sommeil. À l'inverse, la chaleur excessive provoque malaises, troubles cardiovasculaires et aggrave les troubles anxieux.
  • Sur le moral : vivre dans un logement inconfortable augmente le stress et l'anxiété, avec un risque de symptômes dépressifs chez des jeunes déjà en situation fragile.
  • Sur la vie sociale : honte de recevoir des proches dans un logement mal chauffé ou trop chaud, sorties limitées faute de budget — un isolement social qui s'ajoute à la difficulté matérielle.

Tableau récapitulatif des aides pour les étudiants

Aide Pour qui ? Ce qu'elle couvre Montant / avantage Où faire la demande
Chèque énergie Étudiants non rattachés au foyer fiscal des parents, sous conditions de revenus Électricité, gaz, chauffage Entre 48 € et 277 €/an selon revenus chequeenergie.gouv.fr
Fonds de Solidarité Logement (FSL) Tous les locataires en difficulté, y compris étudiants Factures d'énergie, d'eau, impayés de loyer Variable selon le département CAF, CROUS, mairie, conseil départemental
MaPrimeRénov' Propriétaires uniquement (pas les étudiants locataires) Travaux de rénovation énergétique Variable selon les travaux et les revenus maprimerenov.gouv.fr
Aides ponctuelles CROUS / CCAS Étudiants en difficulté financière ponctuelle Aides d'urgence, y compris factures Variable au cas par cas Service social du CROUS, CCAS de la ville
Offres d'énergie Studywatt Tous les étudiants, boursiers ou non Trouver l'offre la moins chère et la plus adaptée à sa conso Jusqu'à 100 € offerts avec certains fournisseurs partenaires Comparateur Studywatt
Protection anti-coupure Tous les foyers en impayé Maintien d'une puissance minimale (1 kVA) au lieu d'une coupure totale Automatique depuis 2021 Géré directement par le fournisseur

Ce tableau ne remplace pas une simulation personnalisée : les montants et conditions varient selon ta situation (revenus, composition du foyer, département).

​​Réduire sa facture dès maintenant : le comparateur Studywatt

Avant même de faire une demande d'aide, le réflexe le plus simple et le plus rapide reste de vérifier si tu paies ton énergie au bon prix. Beaucoup d'étudiants restent sur une offre par défaut (souvent la plus chère) faute de temps pour comparer.

Le comparateur Studywatt te permet de :

  • comparer en quelques minutes les offres d'électricité et de gaz adaptées à ta consommation et à ton budget d'étudiant ;
  • accéder à des offres négociées avec nos fournisseurs partenaires, avec jusqu'à 100 € offerts sur ta facture selon l'offre choisie ;
  • changer de fournisseur gratuitement et sans coupure de service, que tu sois éligible ou non au chèque énergie.

Comment lutter contre la précarité énergétique étudiante ?

À l'échelle collective

  • Rénover le parc de logements étudiants : isolation, remplacement des équipements de chauffage vétustes, intégration systématique du "confort d'été" (volets, brasseurs d'air)  pas seulement le confort d'hiver.
  • Construire plus de logements CROUS, pour sortir davantage d'étudiants du parc privé ancien et de la colocation subie.
  • Encadrer le parc locatif privé : interdiction progressive de la location des passoires thermiques (F et G) sans travaux.

À l'échelle individuelle : les aides à connaître

Le chèque énergie

Versé par l'État, il t'aide à payer tes factures d'électricité, de gaz ou de chauffage. Montant : entre 48 € et 277 € selon tes revenus et ta situation (à vérifier avant publication, les montants peuvent évoluer chaque année). Conditions principales :

  • avoir déclaré tes revenus aux impôts, même non imposable ;
  • avoir un revenu fiscal de référence par unité de consommation sous un certain seuil ;
  • ne pas être rattaché au foyer fiscal de tes parents (sinon, c'est leur situation fiscale qui compte).

Le Fonds de Solidarité Logement (FSL)

Géré par chaque département, il aide à payer les factures liées au logement (énergie, eau...). Les critères et montants varient selon le territoire — renseigne-toi auprès de la CAF, du CROUS, de ta mairie ou du conseil départemental.

MaPrimeRénov'

Cette aide s'adresse aux propriétaires. Si tu es locataire (la grande majorité des étudiants), tu ne peux pas la solliciter toi-même — mais tu peux en parler à ton propriétaire si ton logement est mal isolé, ou vérifier si ta résidence CROUS est concernée par un programme de rénovation.

Les associations et fondations

La Fondation pour le Logement (ex-Fondation Abbé Pierre) et les Compagnons Bâtisseurs accompagnent les ménages modestes, dont des étudiants, vers des solutions de rénovation ou d'accompagnement social.

Protection contre les coupures

Depuis 2021, les fournisseurs ne peuvent plus couper l'électricité pour impayé : la puissance est réduite à 1 kVA (l'équivalent du strict minimum) plutôt qu'une coupure totale.

FAQ : tes questions sur la précarité énergétique étudiante

Un étudiant peut-il toucher le chèque énergie ?

Oui, sous conditions de revenus et à condition de ne pas être rattaché au foyer fiscal de ses parents.

Que faire si mon logement est trop chaud l'été et pas seulement trop froid l'hiver ?

Les mêmes aides logement (FSL, interpellation du bailleur) peuvent être mobilisées. Les gestes les plus efficaces et les moins chers restent les protections solaires extérieures (volets, stores) et la ventilation nocturne, largement plus efficaces qu'un climatiseur mobile bon marché.

Les étudiants étrangers ont-ils droit aux mêmes aides ?

Oui pour le chèque énergie et le FSL, sous les mêmes conditions de revenus. En revanche, l'APL pour les étudiants étrangers extra-communautaires non boursiers est menacée par le projet de loi de finances 2026.

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